La proposition gratuite (free pitching) tue la création !

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Graphistes, designers, concepteurs, webdesigners d’ici et d’ailleurs, réfléchissez avant de participer aux concours et appels d’offres qui ne prévoient ni rémunération, ni indemnisations pour votre réflexion, votre créativité et votre travail, et à ne pas démarcher en proposant des idées gratuitement, car le seul résultat garantie à long terme, est la détérioration de votre profession.

La création, aussi spontanée soit-elle, est toujours le fruit d’un processus global souvent long et complexe. Ce processus est indissociable de tout projet de design. Quelle règle permettrait de ne facturer qu’une partie du travail accompli, en l’occurrence ce qui se voit, au détriment de toutes les actions préparatoires ?

Une seule règle est vraiment professionnelle : refuser les propositions gratuites !

: : :  La proposition gratuite tue la création !

C’est tout un art pour un designer que d’éviter de travailler gratuitement ...
La pratique des propositions gratuites ou free pitching s’est instaurée selon plusieurs traditions bien établies, comme les concours publics d’architecture, ou les démarches commerciales agressives, typiques des agences des secteurs des médias et de la publicité.

Ces pratiques ont contaminé les appels d’offres des institutions publiques, au point, que des graphistes qui exercent leurs talents dans ce secteur sont « happés » par l’engrenage des projets non rémunérés.

Méthode de vente ou force des choses, proposer gratuitement ses compétences ou répondre à la demande abusive d’un client est contre-productif, au point de courir à la faillite de son activité et à la dévalorisation de toute une profession. Sauf, par engagement personnel dans un contexte d’œuvres caritatives, un graphiste professionnel ne doit jamais travailler sans rémunération.

: : :  La proposition gratuite revêt plusieurs formes

  • un client demande la réalisation d’une étude sans prévoir explicitement de rémunération en contrepartie ;
  • un client demande une création, sollicite un devis, puis dans la foulée des propositions graphique, tout cela sans aucun établissement de bon de commande ;
  • un appel d’offres exige la production de projets et de maquettes sans prévoir aucune rémunération.

Sous prétexte de « voir » à l’œuvre les graphistes et de tester leurs compétences, l’acheteur public s’organise, à titre exclusif, un self-service de créations ... Il arrive que « le bouchon soit poussé très (trop) loin » et que les graphistes en viennent même à construire – gratuitement – le cahier des charges de l’appel d’offres auquel ils sont censés répondre !

Alors que l’intérêt bien compris de l’acheteur public et du graphiste est de fonctionner ensemble en s’appuyant sur une relation de qualité et un dialogue durable.

: : :  Le graphiste reconnu doit montrer l’exemple

C’est sa responsabilité de professionnel de première ligne. Ses références et son image, facilitent son argumentation quand il s’attache à expliquer pourquoi il ne fournit pas ses services gratuitement. Il doit insister auprès de son client sur le fait que les retours escomptés d’une « proposition spontanée » risquent d’être insignifiants et impropres à la réflexion sur le projet.

: : :  Conclusion

La proposition gratuite dégrade la valeur des services du design et met à bas le professionnalisme des graphistes.

Il n’est pas question pour nous autres, graphistes, designers, concepteurs ou webdesigners d’imposer des règles, mais une prise de conscience et un engagement résolu de la part de chacun d’entre-nous, peuvent, eux, imposer cette éthique d’absolue nécessité.

À bon entendeur ...

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